Faire le caméléon

Le caméléon est un reptile qui dispose une capacité à changer sa coloration grâce aux chromatophores. Chaque chromatophore dégage un pigment de couleurs différentes : les caroténoïdes sont responsables des couleurs orange et rouge; les ptéridines responsables des couleurs jaunes. Et enfin, la mélanine des tons noirs et bruns.

De nos jours, les caméléons envahissent la toile. Sur les réseaux sociaux : un visage peut paraître plus lisse, un café plus mousseux, un paysage plus idyllique. Les chromatophores sont entre leurs mains. Ils transforment en un glissement de doigt tous ce qu’il les entoure. Ils les modulent selon leur humeur, leur envie et trompent leurs prédateurs.

Dans ce nouveau terrain de jeu, les caméléons aiment faire illusion en se forgeant une nouvelle personnalité. Ils séduisent sous une autre identité tout en satisfaisant leur égo. Il suffit de cibler « le sujet » qui fait jaser et hop ! Des mouches rodent déjà autour d’eux. Les mouches sont dupes, elles ne font pas la différence entre le réel et l’irréel. Une fois qu’elles entrent dans une pièce, ne se cognent-elles pas à la vitre afin de retrouver leur liberté ?

C’est ainsi que les caméléons usent de l’art du camouflage en assurant leur prolifération et leur survie…

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Une histoire de photosynthèse…

La lumière est la première source d’énergie d’une plante. N’est-elle pas aussi notre source d’énergie ? N’attendons-nous pas avec impatience notre étoile pour nous ressourcer ? Certes nous ne produisons pas de photosynthèse mais- tout comme l’amidon des plantes- nous stockons cette énergie au plus profond de notre âme.

Pour les plantes, l’obscurité n’est pas un obstacle. La plante s’allonge, grandit et continue son processus de croissance. Elle va puiser toute sa force pour surmonter les ténèbres. Ne puisons-nous pas nos sources afin d’atteindre un semblant de bonheur ? Combien de fois avions-nous ignoré des paroles, des actes et des sentiments fictifs dans l’objectif d’atteindre le crépuscule ? Combien de fois avions-nous jeté le voile sur une illusion, un simulacre ?

Subséquemment, les séquelles apparaissent : la plante ternie et fane. Elle a asséché toutes ses sources dans l’espoir de survivre. A quoi bon de s’obstiner, si le bout du tunnel reste sombre ? Combien de fois doit-on périr pour comprendre que le sacrifice unilatéral, ne permet pas d’atteindre l’éclosion d’une reconnaissance ?

Ne puisons plus nos sources en vain. Gardons-les précieusement afin de les offrir à ceux qui l’arroseront généreusement. Puisqu’ « il y aura toujours une autre occasion, un autre ami, un autre amour, une force nouvelle. Pour chaque fin, il y a toujours un nouveau départ« , laissons germer à nouveau en apprenant de nos leçons.

Photo de Daria Shevtsova sur Pexels.com

Coquillages et crustacés.

Une sensation de brûlure dans les yeux,

Un bourdonnement assourdissant dans mes oreilles.

Un vide profond s’installe autour de moi. J’essaye d’ouvrir mes yeux tant bien que mal…

Ai-je enfin trouvé une plénitude ?

Un dégradé de bleu m’entoure. J’ai le souffle coupé. Je ressens une force me pousser.

Puis, le soleil m’accueil et m’éblouie. Je décide de replonger dans la sérénité.

Un jour d’été 2021

Morphée, où es-tu ?

Lorsque Nyx pointe son nez, c’est le signal de la fin d’une longue journée. On s’empare d’une certaine légèreté- c’est ce qu’on appelle l’intimité. Puis, on attend l’entrée en scène d’Hypnos et de Morphée.

La situation initiale & l’élément déclencheur

Toutefois la détente représentait pour moi, la pièce d’une arme à feu plutôt qu’une certaine sérénité. Ce moment de pure paix intérieure et de déconnexion virait constamment au cauchemar. C’était un tourbillon de diverses sensations et de pensées envahissantes. Je revivais en boucle la moindre faute futile du quotidien. C’était mon moment de « débriefing » insupportable dans lequel j’étais la grande fautive. Je m’en voulais de n’être pas à la hauteur de tout ce que j’entreprends. Pourtant, je gérais mon temps professionnel et celui des autres constamment et éternellement. C’est ainsi que j’ai passé le plus clair de mon temps à me mépriser lors du coucher. Et Hypnos a préféré me délaisser… Alors je me suis tournée vers Morphée, je l’ai attendu de nombreuses années. J’espérais qu’il me touche avec ses pavots soporifiques. Mais en réalité, il me frôlait à peine. Je crois qu’il ne passait même plus…

Les péripéties

Pourtant le sommeil favorise la compréhension; stimule la mémoire, les apprentissages; aide notre immunité et favorise le métabolisme. Une bonne nuit de sommeil se compose de 3 – 5 cycles de 90 minutes par nuit. C’est un moment de pur bonheur pour le corps et pour l’âme qui voyage de rêve en rêve. Durant mes séjours, je disais : « on va tellement bien dormir ! » En retour, j’avais le droit à une réflexion du type : « mais pourquoi dormir ? on est venu pour en profiter ! » En effet, on est ici pour profiter et pas pour glander sur un canapé…

Un jour dans un environnement étranger où je me sentais sereine, je me suis endormie profondément… et en prime : j’avais rêvé ! D’habitude, je fais des cauchemars ou des rêves un peu particuliers que j’arrive à interpréter. Là, j’étais comme posée sur une fleur de coton, un nuage… bref : le bonheur! Mon corps se sentait en sécurité, sereine et reposée… A ce moment-là j’ai réalisé que mes peurs, mon stress et, mes angoisses avaient pris le dessus sur mon sommeil. Il fallait absolument que je trouve la raison et une solution pour retrouver Hypnos et Morphée.

Le dénouement

C’est ainsi que j’ai décidé de débuter des séances d’hypnothérapie avec l’usage de l’hypnose humaniste. Après de longues recherches, j’ai compris que c’est ce qui conviendrait au mieux à mes attentes. Je souhaitais une thérapie qui révèle ce qui se passe dans mon inconscient, tout en gardant le contrôle sur mon corps. J’ai trouvé réponse à la raison de ce manque de sommeil : plusieurs traumatismes d’enfance qui se sont reflétés au fil du temps sur ma personnalité. Toutes mes angoisses, mes peurs et le stress infini avaient pris le dessus sur mon sommeil, mes rêves et mon bien-être.

Le corps ne réagit pas pour rien, il révèle ce qu’omet le cerveau. Dans le fond, mon inconscient me le signalait à sa manière. Ce dernier a été nocif, j’ai réagi lourdement aux post-traumas sans m’en rendre compte. A présent, j’essaye de l’écouter afin de trouver la source des problèmes et les cicatriser. Désormais, Morphée passe me caresser avec ses pavots et mon crépuscule s’installe profondément.

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La migration verte

Connaissez-vous ces oiseaux verts venus d’ailleurs ? Ce sont les perruches à collier originaires d’Asie. En Inde, elles symbolisent l’amour et font partie de la culture populaire du pays. Aujourd’hui, elles éblouissent le ciel de nombreuses grandes villes européennes avec leurs plumages exotiques.

L’Europe les avait accueillies dans les années 70, afin de les mettre en cage pour décorer les demeures de leurs beaux plumages. Mais une cinquantaine ont choisi la liberté en s’échappant de l’aéroport d’Orly. Désormais, elles virevoltent dans le ciel grisâtre du vieux continent. On en compte plus de 8.000 dans le bassin parisien, près de 2.000 à Marseille. Vaillantes, elles se sont adaptées aux rudes climats.

Nonobstant cette étonnante volonté de se conformer, leur présence déplaît et interroge. De la beauté et de la richesse de leurs plumages, l’urbain n’y voit plus rien. On les trouve brutes, bavardes et, jacassantes. Elles sont considérées comme invasives, font tâches dans le paysage et, mettent en danger les locaux. Par défaut, ces immigrées restent robustes. Elles s’installent dans les recoins les plus nuisibles de l’espace urbain en vue de dormir en sécurité. Elles acceptent le dioxyde de carbone en guise d’oxygène pour survivre. Alors, elles se rassurent en se regroupant et fondent un monde à la périphérie des légitimes.

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Et Dieu créa…la femme.

Elle a du talent cette fille, vraiment… mais qu’elle donne ses chansons à des filles sublimes.

Ainsi est critiquée en 2021 sur une radio française, Hoshi par un critique musical. Le talent semble donc être conditionnée à la beauté -dont les critères sont définis par et pour les hommes. Le Yin incarne la tradition et s’oppose tout naturellement au Yang, le renouveau.

Le Yin

Femmes, soyez modérément ouvertes d’esprit. A défaut, vous serez soit ennuyeuses soit libertines.
Femmes, soyez modérément joviales, sexy et pomponnées. Sans être superficielles.
Femmes, soyez modérément apprêtées. A défaut, vous semblerez négligées.
Femmes, soyez modérément fines. Sans atteindre la maigreur.
Femmes, soyez modérément hâlées. A défaut, vous briserez la norme.
Femmes, soyez modérément intelligentes. Sans être indépendantes.
Soyez intéressantes sans exprimer vos idées.
Soyez présentes sans déranger.

Le Yang

Femmes, soyez Esther (Unorthodox) : courageuse face aux dictats.
Femmes, soyez Beth ( Le Jeu de la dame) : passionnée face aux épreuves.
Femmes, soyez Nairobi et Tokyo ( La Casa de Papel ) : combattantes face aux blessures.
Femmes, soyez Hannah (The One) : rusée & ambitieuse face aux patriarcats.
Femmes, soyez Gina, Carol et Wendy (Sky Rojo): solidaires face à la soumission.

Femmes, osez être vous !
Femmes, aimez-vous !
Femmes, exprimez-vous !

L’infini du bleu

Il y a une chose à laquelle j’aime me comparer à l’océan ou à la mer. Ce bleu infini qui repose les yeux et apaise l’esprit. Tantôt relaxante et calme, tantôt agitée et inquiétante. A chaque moment de doute, je me vois entrain de plonger dans un immense océan.

J’aime cette sensation d’un vide-plein. J’aime cette lourde présence qui m’entoure, qui me protège. L’iode me pique les yeux tout comme mes doutes me piquent le coeur. Mais à chaque fois que je touche le fond, l’océan me remonte. Et à chaque remontée, je respire plus profondément et, j’apprends à découvrir mes propres abysses.

Parfois mes craintes prennent la forme des vagues. Elles jouent avec mon être, mes sensations et mes émotions. Elles me tirent vers le bas puis, me font croire en un semblant de liberté, pour ensuite me reprendre dans leurs tourbillons. Indomptables, imprévisibles mais pas insurmontable… Une fois que le gris laisse place au bleu, elles s’apaisent et se réchauffent.

Une fois apaisée, la mer revêt son manteau bleu. Elle aussi peut-être source d’une force indocile. Seul un satellite peut jouer avec cette masse d’eau. Lorsqu’il se rapproche la mer est complètement attirée, plus elle s’éloigne moins la force centrifuge l’attire. C’est un peu « loin des yeux loin du coeur« .

Et ce tourbillon de sensation s’appelle : la vie.

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La Chronique des Bridgerton : le reflet de ma société contemporaine.

Je sais…vous allez me dire que ce n’est pas une référence à écrire dans un blog. Cependant, j’aimerais vous expliquer pourquoi la Chronique des Bridgerton à fait « tilt » dans ma tête lorsque je l’ai visionnée. Je suis française par le droit du sol et, originaire de Turquie. Je n’entre franchement pas dans le cliché que vous imaginez peut-être, après avoir lu la phrase précédente.

Issue d’une famille très ancrée dans la laïcité , on peut dire que j’ai eu une certaine forme de liberté. Mais les coutumes, les moeurs et les traditions m’entourent depuis ma tendre enfance. Je les aime, les apprécie et les intègre à ma façon.

En regardant la série, je me suis rendue compte qu’on pouvait transposer les faits et les péripéties de cette société à la mienne. Que ma société contemporaine actuelle ( ma communauté présente en France ) correspond à l’histoire romancée des traditions londoniennes du XIX. Je m’explique : la protagoniste principale, notre chère Daphné Bridgerton est éduquée dans les bonnes moeurs de la bourgeoisie du XIXème siècle ( ou 19 è au vu de la nouvelle réforme hein ). A cette époque, être une femme mariée est l’objectif de vie afin d’accéder à la consécration ultime d’être maman. C’est aussi ce que croit encore notre communauté, on n’échappe jamais à un « alors toujours pas mariée ? pas de fiancée ? quand est-ce que tu vas te marier, tu es plutôt jolie en plus« .

Une surveillance à tout prix

Tout au long de son parcours vers la quête du mari, Daphné est tourmentée entre les traditions et sa volonté propre : faire un mariage d’amour. Elle virevolte de bal en bal, d’invitation en invitation comme virevolte la jeunesse de ma communauté pour être vue et revue par des potentiels admirateurs, dans les innombrables et infinis mariages. Daphné doit cependant être secondée par son grand-frère Anthony lors de ses sorties – c’est le chef de la famille Bridgerton depuis le décès de leur père. Si vous avez vu, la série vous remarquerez que Daphné et son magnifique prétendant le Duc de Hastings peuvent se voir en la compagnie de leurs châperons. Et bien chez nous, les fiançailles sont le moment où les futurs mariés font réellement connaissance…enfin, ça c’est ce que nos tantines pensent.

En somme, Daphné ne peut rester seule et échanger avec un homme sans la présence de son chaperon dans la salle. Le pire scénario possible : se retrouver à l’écart de la foule, dans un lieu sombre avec un homme sans être accompagnée ! C’est un peu ce qui risque de nous arriver, si jamais on nous croise avec un garçon . Une bonne tantine de la haute société de ma communauté peut jaser sans que vous n’ayez rien fait de mal et ainsi ruiner votre réputation.

Pour vous donner un aperçu ; lorsque j’avais 15 ans, une voisine appréciée avait lancé une rumeur de fiançailles me concernant. La raison? Convaincre sa petite-fille âgée alors de 16 ans de se fiancer et ainsi lui éviter une mauvaise réputation ! Donc pour récapituler, une mamie pensant que sa petite-fille allait mal tourner, a donné mon nom pour agrémenter sa propagande qui a fonctionné ! Cette rumeur m’a poursuit des années, relayée par cette petite-fille qui ne savait pas du tout la vérité. C’est peut-être la raison pour laquelle je suis toujours célibataire, qui sait ?!

L’importance du mariage

Ah justement, la Bridgerton qui avait tant peur de finir vieille fille est sous la pression de l’âge. C’est le cas chez moi, à vrai dire je ne me suis jamais souciée de mon âge et j’ai toujours su que ma trentaine allait être géniale ! Je m’étais toujours promis d’avoir une belle troisième décennie : me sentir libre, forte et surtout indépendante. En revanche, pour les tantines de ma communauté, je pourrais vite être étiquetée de  » vielle-fille ménopausée » . Contrairement aux hommes vus comme des poules pondants des oeufs en or ! Ils ont toujours eu une grande liberté ces vainards. D’ailleurs, dans la série lorsque Colin Bridgerton, un des grands frères de Daphné, souhaite se marier, Alexandre s’y oppose « car il est encore très jeune ». Nul intérêt de vous préciser comment cela se passe chez nous…vous l’aurez deviné. Le garçon peut se marier à l’âge qui souhaite- avec en partie-la fille qui souhaite – sans être ouvertement critiqué. Ah non ! Il ne faut jamais offenser nos poules pondeuses ! Ils peuvent aussi faire des choses pas très catholiques avant le mariage mais, réclamer une femme prude et chaste pour épouse. C’est une demande tout-à-fait légitime ! Tiens, cela est tout aussi valable pour Anthony Bridgerton.

On compte pour du beurre ?

Et si seulement, nos filles pouvaient aussi éviter d’user de leur pudeur comme un bouclier protecteur face à l’ingratitude des poules pondeuses. Et si elles osaient clamer qu’elles étaient prudes, n’ont pas pour le potentiel futur-mari mais seulement pour elles… il n’y aurait plus de poules veinardes sur Terre. Bien évidemment, la sexualité reste très tabou, les jeunes filles de la bonne société londonienne comprennent qu’il faut être mariée pour avoir des enfants mais, ne savent pas comment les concevoir. Outre le fait du respect ou non de la tradition ( ce qui reste de l’ordre du très personnel), les filles n’ont même pas le droit de connaître leur corps. On ne nous explique pas grand chose à l’exception des menstruations, et je connais encore des jeunes filles qui les cachent à leurs pères.

N’avions-nous pas le droit de mieux nous comprendre afin de mieux nous apprécier et de protéger ? 

Le commérage et la bonne image sont tout autant essentiels. Finalement, on ne vit que pour avoir une place en société au sein de la communauté. On ne vit que pour éviter les « on-dit »; on vente nos enfants et exagèrent leurs moindres certifications comme un PhD. On fait des mariages pour montrer sa grandeur et sa richesse à la bonne société. On entre avec une voiture dans la salle de réception en guise de calèche où les Klaxons font office de trompette.