La migration verte

Connaissez-vous ces oiseaux verts venus d’ailleurs ? Ce sont les perruches à collier originaires d’Asie. En Inde, elles symbolisent l’amour et font partie de la culture populaire du pays. Aujourd’hui, elles éblouissent le ciel de nombreuses grandes villes européennes avec leurs plumages exotiques.

L’Europe les avait accueillies dans les années 70, afin de les mettre en cage pour décorer les demeures de leurs beaux plumages. Mais une cinquantaine ont choisi la liberté en s’échappant de l’aéroport d’Orly. Désormais, elles virevoltent dans le ciel grisâtre du vieux continent. On en compte plus de 8.000 dans le bassin parisien, près de 2.000 à Marseille. Vaillantes, elles se sont adaptées aux rudes climats.

Nonobstant cette étonnante volonté de se conformer, leur présence déplaît et interroge. De la beauté et de la richesse de leurs plumages, l’urbain n’y voit plus rien. On les trouve brutes, bavardes et, jacassantes. Elles sont considérées comme invasives, font tâches dans le paysage et, mettent en danger les locaux. Par défaut, ces immigrées restent robustes. Elles s’installent dans les recoins les plus nuisibles de l’espace urbain en vue de dormir en sécurité. Elles acceptent le dioxyde de carbone en guise d’oxygène pour survivre. Alors, elles se rassurent en se regroupant et fondent un monde à la périphérie des légitimes.

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