Faire le caméléon

Le caméléon est un reptile qui dispose une capacité à changer sa coloration grâce aux chromatophores. Chaque chromatophore dégage un pigment de couleurs différentes : les caroténoïdes sont responsables des couleurs orange et rouge; les ptéridines responsables des couleurs jaunes. Et enfin, la mélanine des tons noirs et bruns.

De nos jours, les caméléons envahissent la toile. Sur les réseaux sociaux : un visage peut paraître plus lisse, un café plus mousseux, un paysage plus idyllique. Les chromatophores sont entre leurs mains. Ils transforment en un glissement de doigt tous ce qu’il les entoure. Ils les modulent selon leur humeur, leur envie et trompent leurs prédateurs.

Dans ce nouveau terrain de jeu, les caméléons aiment faire illusion en se forgeant une nouvelle personnalité. Ils séduisent sous une autre identité tout en satisfaisant leur égo. Il suffit de cibler « le sujet » qui fait jaser et hop ! Des mouches rodent déjà autour d’eux. Les mouches sont dupes, elles ne font pas la différence entre le réel et l’irréel. Une fois qu’elles entrent dans une pièce, ne se cognent-elles pas à la vitre afin de retrouver leur liberté ?

C’est ainsi que les caméléons usent de l’art du camouflage en assurant leur prolifération et leur survie…

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La migration verte

Connaissez-vous ces oiseaux verts venus d’ailleurs ? Ce sont les perruches à collier originaires d’Asie. En Inde, elles symbolisent l’amour et font partie de la culture populaire du pays. Aujourd’hui, elles éblouissent le ciel de nombreuses grandes villes européennes avec leurs plumages exotiques.

L’Europe les avait accueillies dans les années 70, afin de les mettre en cage pour décorer les demeures de leurs beaux plumages. Mais une cinquantaine ont choisi la liberté en s’échappant de l’aéroport d’Orly. Désormais, elles virevoltent dans le ciel grisâtre du vieux continent. On en compte plus de 8.000 dans le bassin parisien, près de 2.000 à Marseille. Vaillantes, elles se sont adaptées aux rudes climats.

Nonobstant cette étonnante volonté de se conformer, leur présence déplaît et interroge. De la beauté et de la richesse de leurs plumages, l’urbain n’y voit plus rien. On les trouve brutes, bavardes et, jacassantes. Elles sont considérées comme invasives, font tâches dans le paysage et, mettent en danger les locaux. Par défaut, ces immigrées restent robustes. Elles s’installent dans les recoins les plus nuisibles de l’espace urbain en vue de dormir en sécurité. Elles acceptent le dioxyde de carbone en guise d’oxygène pour survivre. Alors, elles se rassurent en se regroupant et fondent un monde à la périphérie des légitimes.

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